Festival de la BD

Seattle Décembre 2020

© Coline G.

Un nouveau festival de la BD Franco Belge à Seattle

Louise - Californie - Novembre 2020

Une grande première pour ce tout nouveau festival avec au programme: des expos, des concours, des rencontres avec des auteurs et des ateliers.

Cette année est la première édition du festival de la BD franco-belge de Seattle, organisé par Made in France, qui se déroulera du 2 au 5 décembre. À cause du Covid et des restrictions sanitaires, le festival aura lieu entièrement en ligne, ce qui permet aux personnes de tous les États-Unis d’y participer. Le festival espère recevoir au moins 2,000 personnes. Sylvie Joseph-Julien, organisatrice du festival nous confie que “ les ateliers du matin attire plutôt les jeunes qui viendront avec leur classe et leur enseignant, comme pour une sortie scolaire.”

Plusieurs invités vedettes pour ce festival: Jean Bastide, le dessinateur de Boule & Bill, le Consul général de France à San Francisco ainsi que le Consul général du Canada à Seattle, pour la cérémonie d’ouverture.

Au programme, des expositions, des concours, des rencontres, des ateliers autour de deux thèmes: les héros et héroïnes, et nos amis les bêtes.

Trois expositions seront ainsi disponibles en ligne: Créer une BD avec Gaspard ; une Expo BD du monde 2010-2020, et enfin HÉROïneS.

Deux concours sont organisés. Le premier concours vise à élire la mascotte du Festival de la BD de Seattle pour les prochaines années. Le gagnant sera annoncé pendant une des ceremonie en ligne et recevra une BD de Boule & Bill dédicacée par Jean Bastide. Le deuxième concours est pour les élèves des associations Flam aux Etats-Unis entre 7 et 16 ans. Pour participer, ils doivent créer leur propre planche de BD sur le thème “ nos amis les bêtes bilingues”. Les gagnants seront annoncés lors d’une cérémonie virtuelle le Samedi 5 décembre à 10h30 PST.

De nombreux ateliers sont proposés avec plusieurs sujets : des démos BD en vidéo de dessinateurs, un atelier portant sur comment faire un Podcast pour les ados en partenariat avec French Bridge .

Bref, un programme riche pour ceux qui sont fan de Bande-Dessinée ou pour ceux encore novice que cela intéresse. Inscrivez-vous vite. Bonne découverte et longue vie au festival.


Liens utiles:

Made in France: https://www.madeinfrance-usa.org

Programme du festival : https://www.madeinfrance-usa.org/bd-program

Le contexte politique de la naissance des BD

Inès - Californie - Novembre 2020

De nos jours, penser aux bandes-dessinées, nous rappelle les albums qui ont bercé nos enfances. Cependant, qui penserait que l’apparition des bandes dessinées au début du XXème siècle, était d’un tout autre objectif.

La bande-dessinée est un art nouveau qui a modernisé les médias. Initialement des bandes comiques dans les journaux, les BD sont rapidement devenues leurs propres albums. L’amalgame d’images aux couleurs vives et de textes sous forme de bulles en ont fait sa particularité et ont suscité l’intrigue du public du XXème siècle. On peut alors se demander dans quel contexte la naissance de ce média aux influences multiples a eu lieu et surtout quelle est sa fonction révélée face aux événements de la société contemporaine.

Tout d’abord, il est important de reconnaître que le XXe siècle est une époque où le christiannisme domine sur le plan religieux. Cette pensée reste assez traditionnelle et conservatrice. En France, dans les années 1920, les publications pour la jeunesse sont majoritairement contrôlées par des hommes d'Eglise chargés de l’instruction et du divertissement des jeunes générations. Ainsi, l’abbé Wallez devient rédacteur en chef du journal Le Petit Vingtième, la revue jeunesse du journal belge Le Vingtième Siècle. En janvier 1929, il confie à Hergé la tâche de réaliser une bande dessinée qui exposerait les travers du système communiste bolchevique. C’est ainsi que les fabuleuses aventures de Tintin et Milou sont nées. Tintin, figure emblématique de la BD belge, est un personnage à la gloire des grands héros de l'époque : les reporters.

Ainsi, sa première mission n’est pas choisie au hasard puisqu'il est envoyé comme correspondant en Union Soviétique. Cette destination est choisie sciemment afin de propager une pensée critique du communisme.au moment où l’Europe fait face à des tensions politiques extrêmes. Un an plus tard, c'est au Congo que se rend Tintin. Cette fois-ci l'intention est de justifier la colonisation belge en cours. Tintin incarne la mentalité coloniale de l'époque, dominée par l'ethnocentrisme, une société patriarcale et un sentiment de supériorité. On y retrouve une série de clichés colonialistes mettant en évidence les préjugés que les Européens de l’époque avaient à l'égard de la population africaine. Ces derniers sont décrits comme “des grands enfants ignorants, paresseux et superstitieux”. En 1932, Tintin se rend en Amérique. Cet album est cette fois encore l’occasion d'une critique, celle des travers de la société américaine à savoir le développement du capitalisme, la société de consommation, le crime organisé… Mais surtout, cette oeuvre porte un regard sinistre sur la condition à laquelle la « civilisation » de l'homme blanc a réduit les Indiens, décrits comme “crédules face à des Blancs sans scrupules”. Intéressant de voir combien la critique était moins sévère contre les colonialistes belges… Les albums de Tintin seront toujours marqués par l'actualité de l'époque. Sous couvert d’une fonction éducative, ils incarnent avant tout la pensée catholique et cherchent à influencer l’esprit des jeunes. A l’instar de Tintin en France, Captain America est né de la propagande de guerre aux Etats Unis.

L’histoire politique des Etats-Unis est très clairement illustrée dans ses BDs de l’époque, ou plutôt comme on les appelle aux US, “comic books”, inspirés du pop art. Les BDs sont apparues aux USA après la Première Guerre mondiale afin d'accroître le sentiment de patriotisme dans le cœur des américains, sceptiques face à la crise mondiale. A cette époque, les lecteurs cherchaient à la fois une représentation réaliste du conflit et une échappatoire aux horreurs de la guerre.

Ainsi, les BD des années 40 avaient plusieurs objectifs de propagande : unir le peuple derrière l’effort de guerre; encourager la vigilance contre les espions ennemis; représenter l’ennemi comme immoral, brutal et inhumain; et enfin rassurer la population sur le fait que les Alliés se battent pour une cause juste et noble. En effet, les membres des pouvoirs de l’Axe étaient souvent représentés de façon caricaturale : les Nazis sont “cruels”; les Italiens sont “incompétents et manipulés par les Allemands”; les Japonais sont “des traîtres”. Les super-héros eux (Superman, Batman, Green Lantern), en revanche, sont des êtres supérieurs, exécuteurs de la morale et de l'ordre social. On le voit souvent sur les couvertures, Captain America affrontant Hitler, se battant avec des stormtroopers, l’armée impériale allemande, ou bien des soldats de régimes fascistes. Ils sont représentés avec les meilleures qualités américaines : beaux, les traits ciselés et les épaules larges, dotés de connaissances supérieures en termes de sciences et de technologies. Une caractéristique propre de ces héros de guerre sont leurs uniformes rouges, blancs et bleus, à l’image du drapeau américain. Captain America deviendra d’ailleurs la figure emblématique de ces héros patriotiques en affrontant des ennemis internes et externes aux Etats-Unis. Les premières BDs américaines dépeignent une image idéalisée de la guerre face à des ennemis stéréotypés et représentatifs du mal dans la société américaine.

Parmi les nombreux narratifs populaires, les BDs sont particulièrement intéressantes car elles reflètent directement les désirs et angoisses des lecteurs. Au cours de l’histoire, les BDs ont dépassé les simples histoires pour enfants pour acquérir une fonction satirique, critique et souvent patriotique et hyper-nationaliste. Les BDs, microcosmes de la société, sont devenues des échappatoires pour exprimer le désir de vengeance et mobiliser le peuple derrière des idéaux ou des pensées. L'illusion inoffensive offerte par les illustrations pour enfants et les personnages surréalistes sont en fait des instruments de pouvoir efficaces.

Le Rôle des Femmes dans Astérix

Mirabelle - Décembre 2020- Californie

Avec le premier album réalisé en 1961, le rôle des femmes a évolué dans la série, mais leur place n’a pas fondamentalement changé en 60 ans!

C’est seulement en 1965 qu’apparaît pour la première fois un personnage féminin de premier rôle dans Astérix et Cléopâtre, en la personne de Cléopâtre. Mais, même si elle a un rôle principal, Cléopâtre est très colérique, et passe son temps à briser des vases. Comme le dit René Goscinny dans une interview de 1975, « elle est très belle, très charmante. Son nez est d’ailleurs une fixation des hommes dans la série. La femme au pouvoir est representée comme une hystérique, mais, elle est belle.

Cinq albums plus tard, dans Le Bouclier Averne apparaît Bonemine, la femme du chef de village Abraracourcix. Elle est assez ronde et de petite taille, son physique n'est pas « charmant » selon les dessinateurs, à l'opposé de personnages comme Cléopâtre et Mme Agecanonix, qui apparaît quatre ans plus tard. Bonemine est très autoritaire et fière, mais elle est plus representée comme une femme au foyer. Dans tous les banquets de la série, les femmes servent les hommes, et n’ont pas de place à la table. Néanmoins, c’est une vraie meneuse de troupes, pourtant Goscinny et Uderzo ne lui accordent pas la place d'autorité qu’elle mérite. Elle est crédule dans Le Devin, et de manière générale colérique et déçue du manque d’ambition de son mari par comparaison à son frère qui a réussi à Lutèce. Bonemine devient un des personnages féminins centraux de l’histoire, apparaissant dans la majorité des albums.

Quatre albums plus tard, on rencontre Mme Agecanonix, qui est très différente des autres femmes dans Astérix. Comme Cléopâtre, elle est très belle, et très élégante. C’est la seule femme du village qui ne s’occupe pas de sa maison, et c’est Agecanonix, son mari, qui fait les tâches domestiques. Néanmoins, elle est très facilement jalouse de l’attention qu’on peut porter à son mari, qui est d’ailleurs très âgé. Son personnage reprend la majorité des stéréotypes féminins; elle est belle, charmante, élégante, jalouse, et très amoureuse de son mari. Il est aussi à noter qu’elle n’a pas de nom, elle est simplement la femme d’Agecanonix.

Dans le vingt-neuvième album de la série, en 1991 , Uderzo publie La Rose et le Glaive pour combattre l'idéologie affirmant que la série d'Astérix est misogyne. On y rencontre Maestria, qui est une barde décrite comme « la seule femme à avoir été giflée par Asterix. » C’est une féministe, créée par Uderzo pour « mettre un peu d’ambiance dans le village, » selon l’auteur. Elle encourage les femmes du village à en prendre le contrôle. C’est aussi dans cet album que Bonemine passe un court instant sur le bouclier Averne, symbole du pouvoir du chef du village. Il est à noter que c’est la seule fois que cela arrive dans les trente huit albums publiés. Malheureusement, son départ remet les choses comme elles étaient avant son arrivée. Uderzo ne fait jamais réapparaître ce personnage dans la suite des aventures.

En 2013, Jean-Yves Ferri et Didier Conrad reprennent la série d’Uderzo et Goscinny. Après 3 albums publiés, ils décident de publier un nouvel album ou le personnage principal est feminin: La Fille de Vercingétorix, fille adolescente du célèbre chef Gaulois Vercingétorix. C’est seulement la premiere fois en quinze ans, qu’un des personnages principaux du nouvel album est une femme. Ce nouvel album permet de rencontrer les jeunes générations du village, et pour le lecteur de créer un lien avec les enfants des personnages de la série.

En soixante ans de carrière, Astérix le Gaulois n’a pas laissé beaucoup de place aux héroïnes féminines, les reléguant à des rôles secondaires très caricaturaux. Espérons que les auteurs améliorent la situation des femmes dans le « village peuplé d'irrésistibles gaulois » et gauloises! Les personnages de la série vivent 50 ans avant Jésus-Christ, mais, les lecteurs vivent au XXIe siècle, où les femmes méritent plus de considération.

Mon voyage au pays de la BD

Quelques fresques et figurines de célèbres bandes dessinées photographiées à Bruxelles, le temple de la BD.

Bénédicte M. - Novembre 2020

A côté de la gare centrale de Bruxelles, on peut observer sous un pont une très grande fresque représentant les schtroumpfs qui s’activent dans la ville de Bruxelles, en mangeant des frites par exemple ou en peignant la Grand Place.

En se baladant près de la Gare du Midi ou dans la rue de l'Étuve, on peut presque se mettre en route pour la gare de Moulinsart en embarquant avec Tintin. On peut également se précipiter dans les escaliers avec le capitaine Haddock et Tintin ou aller sur la Lune avec Milou en visitant le musée de la BD

Vous voulez voir Quick & Flupke accrochés à un fil ou Boule & Bill qui se tiennent la main, il suffit de vous rendre au musée de la BD. Ou encore mieux, on peut croiser Boule & Bill dans la rue du Chevreuil.

Des fresques ou des figurines, il y a Spirou qui est surpris et Natacha qui nous invite à entrer. Puis il faut faire attention au niveau de la rue de la Buanderie de ne pas se faire écraser par tous ces gaulois qui courent. Dans la rue Blaes, il faut éviter de demander à Tapir de tenir l’échelle de Faucon qui est plutôt sur le point de … patatra !

Et enfin cachez bien votre argent en passant près de la banque, les daltons viennent juste de la cambrioler pendant que Lucky Luke tire plus vite que son ombre. Pour plus de tranquillité, rendez-vous au musée de la BD où Jolly Jumper s’abreuve, monté de Lucky Luke.