À la Une

Soutenez le projet, faîtes un don.

Une dame de coeur

Faustine - Décembre 2020 - Californie

Dr. Constance Verdonk, cardiologue à Paris et actuellement en poste à l'Université de Stanford, nous parle de son métier en France et aux Etats-Unis, ainsi que de son rôle pendant la crise coronavirus.

Dr. Verdonk est cardiologue à l'hôpital Bichat au nord de Paris. Elle a suivi toute sa formation à l’Université Paris Descartes et a obtenu un Master 2 en recherche au sein de l'hôpital. Elle a choisi cette spécialité car elle donne la possibilité d'exercer ce métier à l'hôpital, en clinique ou en cabinet. Les deux aspects sur lesquels Docteur Verdonk n’est pas prête à transiger sont les suivants: son métier doit lui permettre d'être en interaction avec ses patients et il doit également lui offrir un cadre permettant de concilier travail et vie de famille. La profession de cardiologue lui permet de concilier ces deux exigences. Pendant sa période d’internat, Dr. Verdonk a choisi de travailler plus spécifiquement en échographie cardiaque. Pour elle, traiter un patient est une enquête: à partir des résultats de l'échographie, il faut raisonner scientifiquement pour trouver une solution pour améliorer l'état du patient.

Dr. Verdonk travaille dans le service de chirurgie cardiaque depuis déjà 7 ans. Son emploi du temps inclut des consultations, la supervision des internes, du suivi de patients qui ont reçu une transplantation cardiaque, ainsi que de l'échographie cardiaque. En tant que cardiologue dans un service de chirurgie, Dr. Verdonk coopère avec les chirurgiens pour leur donner des informations sur le patient; elle collabore également avec d’autres médecins spécialistes du cœur. Les spécialités cardiaques sont, entre autres, la rythmologie cardiaque qui se concentre sur le système électrique du cœur, et la coronarographie, qui identifie des problèmes avec les artères. Ces spécialistes travaillent régulièrement ensemble et décident par exemple si un patient a besoin d’une opération. Dr. Verdonk se rend régulièrement au bloc opératoire pour réaliser des échographies et s’assurer que la chirurgie se passe bien. Dr. Verdonk nous précise que le travail en équipe est la force d’un hôpital: pouvoir discuter avec d’autres médecins est essentiel pour avoir une bonne vue générale de l'état de santé du patient et prendre de bonnes décisions.

Dr. Verdonk continue à suivre les patients après leur opération. De nombreux problèmes peuvent survenir et nécessitent l’attention d’un cardiologue, notamment après les transplantations cardiaques. Les problèmes peuvent soit être induits par des médicaments facilitant la greffe du nouveau cœur, soit ils peuvent être faire suite à la maladie à l'origine de la transplantation cardiaque.

Le contact avec les patients constitue 90% de la journée du Dr. Verdonk. Elle passe beaucoup de temps à faire des échographies et à parler aux patients, soit pour comprendre ce qui ne va pas, soit pour expliquer les procédures. Chaque patient est différent, et le métier de cardiologue nécessite de s’adapter aux besoins de chacun. Les patients avec qui elle travaille sont généralement déjà dans une condition critique, qui nécessite une opération. 40% des patients sont des patients qui se posent la question d'une transplantation, 30% des patients vont être opérés des artères et 30% nécessitent la réparation d’une valve.

Sa carrière et son métier sont compatibles avec une vie de famille, car il n’y a que très peu d'imprévus. Dr. Verdonk précise que c’est un métier intense qui nécessite de l'énergie.

Le rôle d’un médecin au sein de l'hôpital ne s'arrête pas à l'état de santé des patients. On lui demande de donner son avis dans des décisions importantes, et de monter certains projets au sein de son service. Le Dr. Verdonk a récemment participé à un projet de santé connectée: ce projet permet aux patients de rester le moins longtemps possible à l'hôpital, et de rentrer chez eux sans crainte de complications après une opération.

Puisqu’elle ne peut pas exercer son métier aux Etats-Unis, Dr. Verdonk fait de la recherche à l'Université de Stanford. Sa recherche consiste à développer un outil en échographie pour déterminer quand un patient est prêt à recevoir une greffe du cœur, et quels sont les pré-requis chez le patient pour que la transplantation soit réussie. À ce jour, les seuls examens qui peuvent déterminer si un patient a besoin d'une greffe sont longs et lourds pour les patients, qui subissent déjà beaucoup d’examens pendant leur séjour à l'hôpital. Les résultats de la recherche du Dr Verdonk permettraient aux équipes de gagner du temps et aux patients de réduire la batterie d’examen pré-opératoire. L'équipe de recherche est constituée de cardiologues, mais aussi d’informaticiens, qui font de l’analyse de données pour que la procédure soit le plus automatisée et simple d'utilisation possible. Puisque ce ne sont pas les cardiologues qui font les échographies aux Etats-Unis, Dr. Verdonk travaille aussi avec des manipulateurs radios, et analyse les images d’échographies. Comme les spécialistes de transplantation cardiaque sont très peu nombreux à l'échelle mondiale, la communauté est très soudée. Les recherches et les résultats de l’un bénéficient à l’autre, facilitant ainsi la coopération et l'échange d’informations, afin de maximiser les bénéfices de la recherche.

Pendant le premier confinement, la France a pris la décision de faire des chirurgies électives. Cependant, les chirurgies cardiaques ont continué car certains patients ne pouvaient pas attendre 3 mois. Dans le service de chirurgie, il y avait un bloc dédié pour les patients qui n'étaient pas contaminés par la coronavirus, avec toute une équipe qui s’occupait de ces patients en particulier. Ces patients étaient à risque, parce qu’une maladie du cœur est un gros risque dans le cas du coronavirus, et ils ont aussi une immunité très faible après une opération. C'était impératif qu’il y ait un endroit pour les patients avec des problèmes cardiaques.

Avec un nombre réduit de patients, l'équipe cardiaque a eu plus de temps pour les projets de service, un avantage pour le service. Vers la fin du confinement sont également apparus de nouveaux problèmes: De jeunes patients en bonne santé avaient laissé traîner des problèmes mineurs et avaient des cœurs abîmés quand ils sont finalement venus à l'hôpital. En temps normal, ces problèmes auraient été pris en charge facilement plus en amont. Un autre effet du coronavirus: certains jeunes patients ont contracté le coronavirus et ont récupéré assez vite.

Quand Dr. Verdonk a repris les consultations en juin, les contacts avec les patients avaient beaucoup changé. Une fois que les consultations ont repris, les patients sont venus à l'hôpital, en respectant les gestes barrières. Le service de cardiologie a aussi commencé les téléconsultations pour les patients greffés du cœur. C’est un avantage, car cela leur évite de venir à l'hôpital et d'être exposés au virus. Cela permet aussi aux docteurs de répondre plus facilement aux questions de leurs patients.

Pour le Dr. Verdonk, “La médecine est un métier humain. Il faut aimer l'interaction, ainsi que s'intéresser aux autres.” Pour elle, c’est plus qu’un métier, c’est une grande vocation. “Ça me fait me lever tous les jours pour aller travailler. Chaque jour est différent, ce qui nécessite une adaptation permanente qui me motive.”

L’interview du Dr. Verdonk nous montre qu'être médecin n’est pas qu'exercer la médecine, mais ce métier permet aussi de multiples contacts avec les patients et les collègues. Ça nous montre aussi qu’il y a différentes carrières au sein du monde médical, mais que chacun doit être conscient de soi-même pour choisir un métier qui lui convient.

Un nouveau festival de la BD Franco Belge à Seattle

Louise - Californie - Novembre 2020

Une grande première pour ce tout nouveau festival avec au programme: des expos, des concours, des rencontres avec des auteurs et des ateliers.

Cette année est la première édition du festival de la BD franco-belge de Seattle, organisé par Made in France, qui se déroulera du 2 au 5 décembre. À cause du Covid et des restrictions sanitaires, le festival aura lieu entièrement en ligne, ce qui permet aux personnes de tous les États-Unis d’y participer. Le festival espère recevoir au moins 2,000 personnes. Sylvie Joseph-Julien, organisatrice du festival nous confie que “ les ateliers du matin attire plutôt les jeunes qui viendront avec leur classe et leur enseignant, comme pour une sortie scolaire.”

Plusieurs invités vedettes pour ce festival: Jean Bastide, le dessinateur de Boule & Bill, le Consul général de France à San Francisco ainsi que le Consul général du Canada à Seattle, pour la cérémonie d’ouverture.

Au programme, des expositions, des concours, des rencontres, des ateliers autour de deux thèmes: les héros et héroïnes, et nos amis les bêtes.

Trois expositions seront ainsi disponibles en ligne: Créer une BD avec Gaspard ; une Expo BD du monde 2010-2020, et enfin HÉROïneS.

Deux concours sont organisés. Le premier concours vise à élire la mascotte du Festival de la BD de Seattle pour les prochaines années. Le gagnant sera annoncé pendant une des ceremonie en ligne et recevra une BD de Boule & Bill dédicacée par Jean Bastide. Le deuxième concours est pour les élèves des associations Flam aux Etats-Unis entre 7 et 16 ans. Pour participer, ils doivent créer leur propre planche de BD sur le thème “ nos amis les bêtes bilingues”. Les gagnants seront annoncés lors d’une cérémonie virtuelle le Samedi 5 décembre à 10h30 PST.

De nombreux ateliers sont proposés avec plusieurs sujets : des démos BD en vidéo de dessinateurs, un atelier portant sur comment faire un Podcast pour les ados en partenariat avec French Bridge .

Bref, un programme riche pour ceux qui sont fan de Bande-Dessinée ou pour ceux encore novice que cela intéresse. Inscrivez-vous vite. Bonne découverte et longue vie au festival.


Liens utiles:

Made in France: https://www.madeinfrance-usa.org

Programme du festival : https://www.madeinfrance-usa.org/bd-program

Las Chicas del Cable : des rencontres inattendues, des amitiés émergentes et des opportunités qui s’ouvrent

Bénédicte - Novembre 2020 - Californie

Cinq femmes, au passé très différent vont s’unir pour reprendre le contrôle de leur vie et lutter pour la place de toutes les femmes dans l'Espagne des années 30.

Las Chicas del Cable ou Les Demoiselles du téléphone en français est une série espagnole d’époque dramatique et romantique. Elle est composée de 4 saisons de 8 épisodes et d’une dernière saison de 10 épisodes.

Cette série relate la vie de 5 standardistes à Madrid dans les années 1920 (Alba alias Lidia, Marga, Carlota, Angeles et Sara). Ces jeunes femmes en quête d’indépendance vont vivre et surmonter des épreuves ensemble pour aider à faire évoluer la condition de la femme et accomplir leurs rêves.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette série car elle est à la fois très touchante car on s’attache très vite aux personnages qui sont très bien interprétés et à la fois réelle car elle met en scène la vie de femmes de l’époque. Cette série m’a également beaucoup appris sur l’Espagne des années 1920, ce que j’ai trouvé très intéressant.

Si vous vous ennuyez chez vous, je vous conseille à 100% de regarder et de vous immiscer dans la vie des personnages car vous allez vraiment adorer !!! Je donnerais une note de 5/5 à cette série.

PS : Si vous commencez, il sera dur de vous arrêter ...

Le contexte politique de la naissance des BD

Inès - Californie - Novembre 2020

De nos jours, penser aux bandes-dessinées, nous rappelle les albums qui ont bercé nos enfances. Cependant, qui penserait que l’apparition des bandes dessinées au début du XXème siècle, était d’un tout autre objectif.

La bande-dessinée est un art nouveau qui a modernisé les médias. Initialement des bandes comiques dans les journaux, les BD sont rapidement devenues leurs propres albums. L’amalgame d’images aux couleurs vives et de textes sous forme de bulles en ont fait sa particularité et ont suscité l’intrigue du public du XXème siècle. On peut alors se demander dans quel contexte la naissance de ce média aux influences multiples a eu lieu et surtout quelle est sa fonction révélée face aux événements de la société contemporaine.

Tout d’abord, il est important de reconnaître que le XXe siècle est une époque où le christiannisme domine sur le plan religieux. Cette pensée reste assez traditionnelle et conservatrice. En France, dans les années 1920, les publications pour la jeunesse sont majoritairement contrôlées par des hommes d'Eglise chargés de l’instruction et du divertissement des jeunes générations. Ainsi, l’abbé Wallez devient rédacteur en chef du journal Le Petit Vingtième, la revue jeunesse du journal belge Le Vingtième Siècle. En janvier 1929, il confie à Hergé la tâche de réaliser une bande dessinée qui exposerait les travers du système communiste bolchevique. C’est ainsi que les fabuleuses aventures de Tintin et Milou sont nées. Tintin, figure emblématique de la BD belge, est un personnage à la gloire des grands héros de l'époque : les reporters.

Ainsi, sa première mission n’est pas choisie au hasard puisqu'il est envoyé comme correspondant en Union Soviétique. Cette destination est choisie sciemment afin de propager une pensée critique du communisme.au moment où l’Europe fait face à des tensions politiques extrêmes. Un an plus tard, c'est au Congo que se rend Tintin. Cette fois-ci l'intention est de justifier la colonisation belge en cours. Tintin incarne la mentalité coloniale de l'époque, dominée par l'ethnocentrisme, une société patriarcale et un sentiment de supériorité. On y retrouve une série de clichés colonialistes mettant en évidence les préjugés que les Européens de l’époque avaient à l'égard de la population africaine. Ces derniers sont décrits comme “des grands enfants ignorants, paresseux et superstitieux”. En 1932, Tintin se rend en Amérique. Cet album est cette fois encore l’occasion d'une critique, celle des travers de la société américaine à savoir le développement du capitalisme, la société de consommation, le crime organisé… Mais surtout, cette oeuvre porte un regard sinistre sur la condition à laquelle la « civilisation » de l'homme blanc a réduit les Indiens, décrits comme “crédules face à des Blancs sans scrupules”. Intéressant de voir combien la critique était moins sévère contre les colonialistes belges… Les albums de Tintin seront toujours marqués par l'actualité de l'époque. Sous couvert d’une fonction éducative, ils incarnent avant tout la pensée catholique et cherchent à influencer l’esprit des jeunes. A l’instar de Tintin en France, Captain America est né de la propagande de guerre aux Etats Unis.

L’histoire politique des Etats-Unis est très clairement illustrée dans ses BDs de l’époque, ou plutôt comme on les appelle aux US, “comic books”, inspirés du pop art. Les BDs sont apparues aux USA après la Première Guerre mondiale afin d'accroître le sentiment de patriotisme dans le cœur des américains, sceptiques face à la crise mondiale. A cette époque, les lecteurs cherchaient à la fois une représentation réaliste du conflit et une échappatoire aux horreurs de la guerre.

Ainsi, les BD des années 40 avaient plusieurs objectifs de propagande : unir le peuple derrière l’effort de guerre; encourager la vigilance contre les espions ennemis; représenter l’ennemi comme immoral, brutal et inhumain; et enfin rassurer la population sur le fait que les Alliés se battent pour une cause juste et noble. En effet, les membres des pouvoirs de l’Axe étaient souvent représentés de façon caricaturale : les Nazis sont “cruels”; les Italiens sont “incompétents et manipulés par les Allemands”; les Japonais sont “des traîtres”. Les super-héros eux (Superman, Batman, Green Lantern), en revanche, sont des êtres supérieurs, exécuteurs de la morale et de l'ordre social. On le voit souvent sur les couvertures, Captain America affrontant Hitler, se battant avec des stormtroopers, l’armée impériale allemande, ou bien des soldats de régimes fascistes. Ils sont représentés avec les meilleures qualités américaines : beaux, les traits ciselés et les épaules larges, dotés de connaissances supérieures en termes de sciences et de technologies. Une caractéristique propre de ces héros de guerre sont leurs uniformes rouges, blancs et bleus, à l’image du drapeau américain. Captain America deviendra d’ailleurs la figure emblématique de ces héros patriotiques en affrontant des ennemis internes et externes aux Etats-Unis. Les premières BDs américaines dépeignent une image idéalisée de la guerre face à des ennemis stéréotypés et représentatifs du mal dans la société américaine.

Parmi les nombreux narratifs populaires, les BDs sont particulièrement intéressantes car elles reflètent directement les désirs et angoisses des lecteurs. Au cours de l’histoire, les BDs ont dépassé les simples histoires pour enfants pour acquérir une fonction satirique, critique et souvent patriotique et hyper-nationaliste. Les BDs, microcosmes de la société, sont devenues des échappatoires pour exprimer le désir de vengeance et mobiliser le peuple derrière des idéaux ou des pensées. L'illusion inoffensive offerte par les illustrations pour enfants et les personnages surréalistes sont en fait des instruments de pouvoir efficaces.

Par Bénédicte M. - Novembre 2020

La première femme vice-présidente des Etats-Unis

Kamala Harris, ancienne procureure et fille d’immigrés, entre dans l’Histoire comme la première femme à accéder à la vice-présidence des États-Unis. Une première dans l’histoire des Etats-Unis !

Bénédicte - Californie - Novembre 2020

Kamala Devi Harris est née en 1964 à Oakland en Californie où elle a grandi avec ses parents. Son père était professeur d’économie et sa mère, aujourd’hui décédée, était chercheuse dans la lutte contre le cancer du sein. Elle est diplômée de l’université d’Howard à Washington, une université accueillant les étudiants afro-américains victime de la ségrégation à l’époque. Elle revient en Californie en 2004 et exerce deux mandats de procureure à San Francisco. Puis en 2011, elle est élue à deux reprises procureure générale de Californie jusqu’à 2017. C’est ainsi qu’elle devient à la fois la première femme et la première personne de couleur à diriger les services judiciaires de l’Etat le plus peuplé des Etats-Unis. En 2017, elle prête serment au sénat de Washington et devient alors la première femme originaire d’Asie du Sud sénatrice. A l’occasion de la campagne des élections présidentielles de 2020, Joe Biden la choisit comme vice-présidente pour le parti démocrate. Aujourd’hui, le 7 novembre 2020 un grand pas pour l’histoire des Etats-Unis a eu lieu puisque Kamala Harris, à 56 ans est la première femme et la première personne de couleur élue vice-présidente des Etats-Unis.


Vidéo : Dix leçons pour mieux vivre son confinement

Par Enzo - 25 avril 2020

Retrouvez tous nos articles sur les élections ICI